Le darwinisme social partie 1: Définition

Aujourd’hui nous allons aborder une série d’article sur  le darwinisme social. Nous verrons ses dérives, ses extrêmes et comment sa pensée s’est inscrit dans notre société.

Le darwinisme social hors de sa forme extrême l’eugénisme a été l’une des bases de notre société. Nous la retrouvons dans l’éducation , le travail, la famille. Héritage d’une ère post industriel, elle continua a s’infiltrer dans cet même ère, prônant la compétition, l survie, le conflit et toutes les dérives de nos sociétés.

Dans un premier temps, nous apporterons une définition, puis nous parlerons de ses dérives les plus connues.

Ensuite nous verrons son impact dans notre société actuelle, pour finir sur un modèle de travail d’éducation gommant ses mauvais cotés, tout en gardant ses bons. Car toute idée, mouvement a forcément une part bénéfique et une part négative.

Mais commençons par le début. Définissons ce qu’est le darwinisme social.

1 définition: 

“Le darwinisme social est une forme de sociologie dont les postulats sont :

a) que, l’Homme faisant partie de la nature, les lois des sociétés humaines sont, directement ou presque directement, celles des lois de la nature;

b) que ses lois de la nature sont la survivance du plus apte, la lutte pour la vie et les lois de l’hérédité;

c) qu’il est nécessaire pour le bien-être de l’humanité de veiller au bon fonctionnement de ces lois dans la société.

Ainsi entendu, le darwinisme social peut être historiquement défini comme la branche de l’évolutionnisme qui postule un écart minimal, ou nul, entre lois de la nature et lois sociales, toutes deux soumises à la survivance du plus apte, et considère que ces lois de la nature fournissent directement une morale et une politique.

On distinguera deux formes différentes du darwinisme social. L’une d’inspiration individualiste, considère que l’organisme social de base est l’individu et que, sur modèle d’une lutte entre individus d’une même espèce, les lois fondamentales de la société sont la lutte entre individus d’un même groupe, dont la lutte entre groupes ethniques (ou races) n’est que l’extension. L’autre, au contraire, d’inspiration holiste, considère que l’organisme social de base est la société, que le moteur de l’histoire est la lutte entre races, et que la lute entre individus d’un même groupe est une loi secondaire, voire un fait préjudiciable à la survie de la race. (…)

Le darwinisme social individualiste se développe dès les années 1850 (donc avant même la parution de L’origine des espèces) et constitue une idéologie importante jusqu’aux années 1880(…) Il est la plupart du temps lié au laissez-faire économique, prône la non intervention de l’État (…) Le darwinisme social holiste, souvent ouvertement raciste, se développe surtout après 1880. il prône la plupart du temps une intervention de l’État dans la société et une pratique protectionniste (protection économique, mais aussi protection de la race (…) La pureté de la race est en danger)” .

Le représentant le plus connu de cette idéologie est un contemporain anglais de Darwin, Herbert Spencer. Ingénieur, philosophe et sociologue, Spencer voit dans L’origine des espèces la clé qui permettrait de comprendre le développement de la civilisation, en partant du postulat selon lequel la société humaine évoluerait selon le même principe que les organismes vivants.l. Partant de cela, le mécanisme de la sélection naturelle décrit par Darwin serait totalement applicable au corps social. Spencer est un idéologue bourgeois bien ancré dans son époque. Fortement marqué par l’individualisme et l’optimisme propre à la classe dominante à l’époque où le capitalisme est en pleine expansion, il se laissera grandement influencer par les théories « à la mode », comme l’utilitarisme de Bentham. Plekhanov dira de lui que c’est un « anarchiste conservateur, un philosophe bourgeois. » 3 Pour Spencer, la société produit et forme des éléments brillants qui seront sélectionnés pour permettre à cette société de continuer à progresser. Décliné à partir de la théorie de Darwin, le concept de Spencer devient, appliqué à la société, la « sélection des plus aptes ».

Le darwinisme social, tel qu’il sera appelé bien après son exposé par Spencer, pose en principe la supériorité de l’hérédité sur l’éducation, c’est-à-dire la prépondérance des caractères innés sur les caractères acquis. Si les principes de la sélection naturelle sont effectivement à l’œuvre dans la société, il convient simplement de ne pas les entraver pour assurer le progrès social et la disparition à terme des « anomalies » comme la pauvreté ou les différentes inaptitudes.

Dans ses évolutions futures, le darwinisme social sera repris comme fondement de bien des positions et justifications politiques dictées par les nécessités du développement capitaliste.

Aujourd’hui encore, la théorie d’Herbert Spencer continue à servir de caution pseudo scientifique à l’idéologie réactionnaire du winner et de la loi du plus fort.

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